Démographie des chirurgiens-dentistes en 2026 : une profession plus jeune, plus féminine et en pleine mutation

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Au 1er janvier 2026, la France compte 48 700 chirurgiens-dentistes en activité. Derrière cette progression des effectifs se dessinent des transformations profondes : une profession plus jeune, désormais majoritairement féminine, où l'exercice en groupe et le salariat gagnent du terrain. Des évolutions qui interrogent directement l'organisation des cabinets, l'accès aux soins et l'avenir de l'exercice libéral.

Les derniers chiffres publiés par la DREES confirment une tendance engagée depuis plusieurs années : la profession de chirurgien-dentiste poursuit sa croissance démographique. Au 1er janvier 2026, la France compte 48 700 praticiens en activité, soit une hausse de 2,2 % en un an et de 20,3 % depuis 2012

Cette progression s'explique notamment par l'augmentation du nombre de places en formation depuis le milieu des années 2000 et par l'arrivée de praticiens diplômés à l'étranger. Mais au-delà des effectifs, ce sont surtout les caractéristiques de la profession qui évoluent rapidement. 

Une profession désormais majoritairement féminine

C'est un symbole fort : les femmes représentent désormais 51 % des chirurgiens-dentistes en exercice, contre seulement 39 % en 2012. 

Ce basculement reflète le renouvellement des générations. Les praticiens partis à la retraite, majoritairement des hommes, sont progressivement remplacés par des promotions où les femmes sont aujourd'hui largement représentées.

Cette évolution accompagne un mouvement observé dans l'ensemble des professions de santé et contribue à redessiner les attentes en matière d'organisation du travail, d'équilibre entre vie professionnelle et personnelle ou encore de modes d'exercice.

Une profession qui rajeunit

Autre évolution marquante : l'âge moyen des chirurgiens-dentistes est désormais de 43,9 ans, contre 48,4 ans il y a quatorze ans. La profession a ainsi gagné plus de quatre années de jeunesse en moyenne depuis 2012. 

Ce rajeunissement constitue une bonne nouvelle dans un contexte où de nombreux territoires restent confrontés à des difficultés d'accès aux soins. Il ne règle toutefois pas, à lui seul, les déséquilibres territoriaux qui demeurent une préoccupation majeure des pouvoirs publics et des représentants de la profession.

Le cabinet individuel poursuit son recul

Les données de la DREES mettent également en évidence une transformation profonde des modes d'exercice.

Si près de trois praticiens sur quatre exercent encore exclusivement en libéral, cette proportion diminue progressivement au profit du salariat et de l'exercice mixte. Aujourd'hui, 17 % des chirurgiens-dentistes sont exclusivement salariés et 8 % exercent une activité mixte, combinant activité libérale et salariée. 

Cette évolution est particulièrement visible chez les jeunes générations. Parmi les praticiens de moins de 35 ans, 26 % exercent exclusivement comme salariés et 9 % ont une activité mixte, soit des proportions deux fois supérieures à celles observées en 2012. 

Le mode d'organisation des cabinets évolue lui aussi rapidement.

En 2026 :

  • 60 % des chirurgiens-dentistes exercent en cabinet de groupe ;

  • 21 % travaillent encore en cabinet individuel ;

  • 16 % exercent en centre de santé. 

En quatorze ans, la pratique en cabinet individuel a ainsi été divisée par deux, tandis que les centres de santé ont plus que doublé leur place dans le paysage dentaire. 

Quels enjeux pour la profession ?

Ces chiffres traduisent une mutation bien plus profonde qu'une simple augmentation des effectifs.

Les nouvelles générations semblent privilégier davantage le travail collectif, le partage des charges, l'exercice coordonné et une meilleure qualité de vie professionnelle. Les cabinets de groupe et les centres de santé répondent en partie à ces nouvelles attentes.

Pour autant, plusieurs défis demeurent : maintien de l'accès aux soins dans certains territoires, transmission des cabinets individuels, attractivité de l'exercice libéral ou encore adaptation des politiques de formation aux besoins réels de la population.

La démographie 2026 confirme ainsi que la profession dentaire entre dans une nouvelle phase de son histoire. Plus jeune, plus féminisée et organisée différemment, elle devra continuer à concilier évolution des aspirations professionnelles et réponse aux besoins de santé bucco-dentaire des Français. 

Image : Pexels / Tima Miroshnichenko

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