Assistant.e santé bucco-dentaire : une profession très attendue en cabinet
Dans le contexte actuel des soins bucco-dentaires en France, les chirurgiens-dentistes expriment une attente forte: celle d’optimiser l’organisation de leur cabinet, de faire face à des délais d’attente toujours plus longs, et de se recentrer sur les actes de haute technicité.
Face à ces attentes et aux difficultés persistantes d’accès aux soins dentaires en France, notamment dans les zones rurales ou sous-dotées, les parlementaires ont adopté, le 6 novembre 2025, une nouvelle étape législative majeure : la création d’une profession d’« assistant.e en santé bucco-dentaire ».
Du rôle traditionnel d’assistant dentaire à la naissance d’un nouveau métier
Jusqu’ici, les assistants dentaires exercent sous la responsabilité et le contrôle direct du praticien, avec des compétences certes utiles mais limitées par la réglementation actuelle : aide aux soins, stérilisation des instruments, accueil des patients, tâches administratives.
La nouvelle profession d’assistant en santé bucco-dentaire, prévue dans une proposition de loi examinée au Sénat, est pensée comme un métier de santé à part entière, inscrit au Code de la santé publique, avec une formation plus approfondie que celle des assistants dentaires actuels (niveau bac + 2 inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles – RNCP).
Une délégation de tâches qui libère du temps médical
Pour les chirurgiens-dentistes, l’un des principaux bénéfices de l’apparition de cette profession serait de pouvoir confier certaines missions aujourd’hui chronophages à des personnels formés : prophylaxie, imagerie diagnostique, suivi post-chirurgical ou actions d’éducation à la santé bucco-dentaire.
Sur le plan pratique, cela signifie notamment :
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Plus de disponibilité pour les actes techniques complexes, là où l’expertise du chirurgien-dentiste est indispensable.
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Un soutien pour les soins préventifs et l’éducation auprès des publics vulnérables, y compris en dehors du cabinet (écoles, établissements médico-sociaux, maisons de retraite).
Déploiement en cabinet : une réalité à mesurer
Si l’idée d’un.e assistant.e en santé bucco-dentaire est largement saluée, la mise en place de cette profession soulève plusieurs questions pratiques et constitue un enjeu significatif pour les chirurgiens-dentistes :
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La formation plus longue implique des coûts et du temps avant que ces professionnels puissent être pleinement opérationnels.
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L’intégration progressive de ces profils est à envisager, sachant que le rythme d’arrivée des nouveaux professionnels dépendra de la publication des textes d’application et des référentiels de formation, qui sont encore en préparation.
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Sur le plan réglementaire, l’arrivée des assistants en santé bucco-dentaire implique une nouvelle structure au sein des cabinets qui nécessitera une redéfinition des protocoles internes, des ajustement dans la répartition des responsabilités et une communication claire auprès des patients sur le rôle de chaque professionnel.
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Cette intégration d’un nouveau profil intermédiaire peut enrichir l’équipe mais aussi nécessiter une coordination accrue, notamment pour la cohabitation entre assistants dentaires traditionnels et assistants en santé bucco-dentaire spécialisés.
La création de la profession d’assistant en santé bucco-dentaire représente une évolution attendue, prometteuse et utile pour répondre aux défis actuels de l’activité : accès aux soins, prévention, équilibrage des charges de travail, etc. Pour autant, le déploiement concret dans les cabinets reste une étape délicate, qui nécessitera :
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L’adoption rapide des textes réglementaires d’application,
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La structuration des formations et des passerelles professionnelles,
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Une adaptation des cabinets à un rôle élargi pour ces nouveaux professionnels.
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24/03/2026